Marthe Richard, autrefois prostituée à Nancy avant de devenir pilote d’avion puis espionne pour le gouvernement pendant la guerre, devient conseillère municipale de Paris en 1945 et s’engage dans la lutte contre les maisons closes, lieux de misère où se propage la syphilis.
Elle obtient gain de cause le 13 avril 1946 : la loi qui est votée ce jour-là, et qui porte son nom, promulgue l’abolition des « maisons de tolérance », la création d’un fichier qui répertorie toutes les filles et durcit la lutte contre le proxénétisme. Le proxénétisme est désormais interdit, 1 400 établissements sont fermés en France, dont 180 à Paris.
La même année, le mouvement du Nid (actif depuis 1937), est officiellement créé. Fondé par l’abbé André-Marie Talvas, le Nid est un mouvement d’Église, mais qui se défend de tout prosélytisme. Sa position face à la prostitution et ses causes (la misère, certes, mais aussi le sexisme et la marchandisation tous azimuts), le trafic d’êtres humains et les complaisances et complicités qui lui permettent de se développer, peut être qualifiée de radicale : le Nid s’oppose fermement à toute distinction entre prostitution libre et prostitution forcée. Son objectif est clairement la disparition de la prostitution, en tant qu’atteinte aux droits humains. Le Nid s’implique aux côtés de la Fédération Abolitionniste Internationale dès 1950.

